La Devèze coule toujours sous leurs fondations, mais les anciens locaux du journal Sud Ouest, place Jacques Lemoîne ne sont plus que gravas et démolition. Imprimeries puis bureaux ayant déménagé rive-droite, les camions qui vont de nouveau sillonner les rues ne transporteront plus du papier, mais du matériel de construction pour accompagner les travaux qui viennent de commencer en plein centre de Bordeaux. La rue Sainte Catherine s’apprête à connaitre une mutation importante de son anatomie sous les marteaux piqueurs du chantier piloté par la foncière hollandaise Redevco. Un projet de quartier piétonnier, mêlant futur espace commercial à ciel ouvert, loisirs et habitat, programmé sur 27 000 m2. Livraison de ce nouvel îlot urbain prévue début 2015.
Renforcer l’attractivité et le dynamisme du centre-ville, tel est le souhait que la Ville de Bordeaux avait émis suite à la vente, en 2010, par le groupe Sud Ouest, de ses locaux historiques (à l’exception de l’ancien siège de la rue de Cheverus) à Redveco. La réponse du groupe foncier néerlandais ne sera pas un éco-quartier comme il en fut question, un temps, avec les archis Jourda & Lacrouts, mais un équipement commercial « à ciel ouvert » de 18 000 m2, accompagné d’un programme de logements d’environ 9 000 m2, le tout piloté par le cabinet Valode et Pistre.
Un chantier entre attraits
Estimé à 105 millions d’euros, le projet réalisé en association avec Domofrance et Nexity, inclut l’aménagement d’une nouvelle « Place », en coeur de
l’îlot et d’une rue parallèle à la rue Sainte-Catherine, grâce au déplacement du magasin C&A, propriété du groupe Redevco. Située en plein coeur historique de Bordeaux, cette « Place », reliée par de nouvelles rues aux rues de la Porte Dijeaux et Sainte Catherine, devrait regrouper des enseignes en pieds d’immeubles indépendants et proposer un espace publique destiné à la programmation régulière d’événements culturels et loisirs. Une situation attractive concernant tout le pâté d’immeubles situé au dessus de la place Saint Projet, compris dans un rectangle « rue Guiraude, rue de Cheverus / Castillon, rue Porte Dijeaux et rue Sainte Catherine » qui, si elle apporte une plus-value au projet, entraîne également un surcoût et des contraintes urbaines et archéologiques. « La bétonneuse ne fera pas tout » souligne Julien Di Pizzo, le directeur développement chez Redevco. » Un chantier en centre-ville est toujours plus onéreux, d’autant plus que nous sommes sur le port gallo-romain, il y a un risque archéologique ». D’où l’abandon d’un parking souterrain et une durée de chantier double de la normale. Ce qui n’empêche pas les enseignes de se positionner et les contacts de s’établir. 100 000 clients arpentant chaque jour la rue Sainte Catherine est un chiffre qui semble motiver, même en temps de crise. » Il y a un manque de grandes surfaces sur Bordeaux, nous en proposons plusieurs supérieurs à 1 000 m2. Beaucoup d’enseignes, pas encore présentes sont intéressées ». 9 grandes surfaces, 7 moyennes surfaces et 16 petites unités, dont 1 locomotive alimentaire plus un mix de nouvelles marques de prêt-à-porter, aux noms « gardés secrets » jusqu’au mois d’avril 2012, devraient venir enrichir une offre déjà conséquente alentour.
… et contraintes
ettant en oeuvre des moyens spécifiques pour garantir le moins de perturbations possibles en termes sonores, vibratoires et d’empoussièrement du voisinage (camions plus petits, protections acoustiques, usage de machines peu bruyantes). Aucun travail bruyant ne sera effectué avant 07h00 et après 20h00 les jours ouvrables et entre 12h30 et 13h30. Des horaires qui pourront être ajustés en concertation avec les riverains et la Ville. Afin d’impliquer les habitants dans une opération qui doit durer trois ans, Redevco va prochainement mettre en place la diffusion régulière d’une newsletter à destination des riverains. Un site web et des réunions de concertation dans une « maison du projet », dont le lieu reste à définir, complèteront les mesures mises en place par un chantier qui se veut exemplaire et vise la labellisation BREEAM (standard de référence en termes de construction durable et de performance environnementale). L’environnement hautement qualitatif en R+2/R+3 (93 appartements et 40 places de parking) » avec vue imprenable sur la ville » place le m2 aux environs de 6 000 euros, à nuancer pour les 30% de logements sociaux pris en charge par Domofrance. Un chiffre supérieur aux 20% requis par le PLU dans un quartier plus connu pour être le plus commerçant d’Europe que pour ses infrastructures et ses équipements. L’architecture résolument contemporaine, s’insérera dans le tissu traditionnel historique par les matériaux (pierre de Bordeaux, brique claire, moellon bois, terre cuite). Des prestations qui répondront donc à l’équation, se loger, circuler, consommer. Entre nécessité et une certaine idée du bonheur…






















