BarCamp, TwitterCamp, OrangeCamp, FormCamp… Depuis le BarCamp de Bordeaux, les 23 et 24 avril derniers, les Camps se multiplient, un peu partout et sur tous les thèmes autour de l’outil numérique dans une réflexion partagée sur les nouveaux outils, les tendances, la formation, voire même sur la manière de changer le monde. Sensible aux questions numériques, le journal Aqui.fr a voulu en savoir plus sur cette dynamique collective qui anime la communauté numérique, ici et là, un peu partout dans le monde, et fédère de plus en plus d’adeptes. Un phénomène dont même les grosses entreprises s’emparent. Pour preuve, le OrangeCamp qui s’est déroulé cette fin de septembre dernier dans les murs de l’Inseec, hangar 16, à Bordeaux.
Si l’on se réfère à l’encyclopédie numérique libre Wikipédia, un BarCamp est une rencontre, une non-conférence ouverte, qui prend la forme d’ateliers-événements participatifs où le contenu est fourni par les participants qui doivent tous, à un titre ou à un autre, apporter quelque chose au BarCamp. C’est le principe pas de spectateur, tous participants dans le cadre d’un événement qui met l’accent sur les toutes dernières innovations en matière d’applications Internet, de logiciels libres et de réseaux sociaux. Pour ce qui est de l’origine du nom, BarCamp est une allusion à ses origines, référence à un terme argotique des hackers, le foobar. Le BarCamp serait donc né en août 2005, en réponse au Foo Camp, une « non-conférence » annuelle hébergée par le célèbre éditeur d’ouvrages sur les logiciels libres Tim O’Reilly. Ce qui intéresse les organisateurs, comme les acteurs qui s’y réunissent, c’est le côté 2.0 de la rencontre tout en étant une rencontre humaine et non virtuelle, ouverte, interactive, participative comme un forum sur le net, mais en chair et en os.
Que fait-on dans un Camp ?
Le nombre de places est limité. On s’inscrit sur un site. On vient, on prend un badge nominatif et on est accueilli par les organisateurs qui posent le cadre et l’objet de ce Camp. Celles ou ceux qui ont un thème de discussion, de réflexion, d’échange ou un partage de bonnes pratiques à proposer viennent le noter dans une des cases d’un grand tableau et/ou le proposer au micro. Chacun choisit un thème et rejoint le groupe qui l’intéresse. La durée d’un atelier variant de 45 minutes à 2 heures suivant la durée totale de l’événement. On se rencontre, on échange sur des thèmes liés au web, on fait circuler des idées, des connaissances, des informations, on restitue ce qui s’est passé dans l’atelier puis place à la convivialité : on va se restaurer ou boire un verre. Pas de règles, pas de cadre sauf que c’est une « non-conférence » et que tout le monde participe. Pas toujours constaté dans la réalité…
BarCamp, TwitterCamp, FormCamp, OrangeCamp, quelles différences ?
Tous se réfèrent au BarCamp qui est Le modèle de fonctionnement participatif, ascendant et ouvert par excellence. Le format restant globalement le même, seuls les hashtags # et l’esprit divergent. Le BarCamp en trois mots : professionnel, expertise, atelier. Esprit geek et CoWorking de rigueur. L’association BarCamp Bordeaux, en partenariat avec la mairie de Bordeaux, en a organisé un pendant deux jours en avril dernier.
Le TwitterCamp est plus tous publics, tendances digitales, conversation. Esprit convivial et rencontres post twitts. Une longue soirée s’est déroulée à Cap Sciences en mai dernier où sept sujets ont été proposés lors d’ateliers animés et passionnés.
Pour le FormCamp, c’est plutôt formation, plate-forme, échanges, esprit tou

r de tables entre pairs. Initié en avril 2011, le FormCamp en est déjà à sa 3ème édition, le rendez-vous se voulant quasi mensuel pendant 2 heures en soirée dans un hôtel de la banlieue bordelaise. Il est organisé par FacilForm, une structure associative qui a pour objectif de développer, créer, réaliser et diffuser des outils d’e-Learning.
Enfin, l’OrangeCamp se présente en trois mots comme : changer le monde, numérique, réflexion. Un esprit en mode mutation dont l’objectif est de « susciter une réflexion collective sur l’utilisation du numérique pour améliorer la société, en France comme à l’international, et trouver des idées concrètes pour changer les choses, hors démarche commerciale », même si c’est Orange qui organise… A Bordeaux, un OrangeCamp vient d’avoir lieu, ce 22 septembre, le temps d’une longue soirée dans les locaux de l’Inseec. En octobre, ses conclusions feront l’objet d’une restitution au Women’s Forum, une sorte de Davos au féminin programmé du 13 au 15 octobre à Deauville.
Avis d’adeptes
Coach et formatrice, présidente de l’association Atout D, Brigitte de Boucaud en sait long sur la question. « J’ai participé à tous les Camps proposés ces derniers temps sur Bordeaux, sauf les FormCamps. Par curiosité au début, puis par goût ensuite. Je trouve que ce mode de rencontre donne un nouveau souffle à Bordeaux et la positionne incontestablement au rang des villes entreprenantes et tournées vers l’avenir. En tant que spécialiste de l’émergence de la créativité et de l’intelligence collective au sein des équipes et des projets, j’étais très intéressée de voir en quoi ce type de format pouvait favoriser l’innovation, la créativité et l’échange. Résultat, on y fait des rencontres inattendues pleines de sens tout en se sentant acteur, dans un processus d’émulation où tout semble possible ».
Pour Thomas Parisot, consultant web, « ces formes de réunions de co-constructions sont des concertations citoyennes qui font avancer les choses dans la collaboration dynamique et la mutualisation des savoirs. Tout le monde est là pour donner et recevoir. Il n’y a pas de schéma comme dans ces colloques traditionnels où seul un intervenant s’exprime, ici tout est auto-géré, personne ne tire la couverture à lui et la dynamique de groupe prime sur l’individu ».
Comme quoi la technologie, qui peut isoler dans le virtuel, comme elle peut rassembler, dans le réel, est bien ce que l’on décide d’en faire. Passer du temps devant son écran n’empêche visiblement en rien l’animal social qu’est l’homme, de rencontrer et d’échanger pour améliorer son quotidien ou créer un autre modèle de société, plus collective, plus créative et plus humaine. La preuve par le Camp.
photos : Inseec
Avez-vous testé vous-même ? Le principe m’intéresse mais j’aimerais avoir l’avis d’un néophyte non prosélyte.
Merci, je relaie cet article sur G+ et FB.
je connais les personnes qui témoignent, ce qu’elles disent est partageable par tout le monde… geek ou néophyte
Merci Isabelle Camus pour cet article qui montre la diversité et le foisonnement des initiatives à Bordeaux.
J’ai vu quelques rares tweets plutôt grognons sur l’usage par Orange du vocable de Camp pour ses Orange Camps. Il me semble difficile de se moquer des grandes marques, de leur incapacité à entretenir des « discussions » horizontales, sincères et humbles et dans le même temps de leur dénier la possibilité de récupérer de façon un peu opportuniste le phénomène des « Camps ».
Tout d’abord, merci à Isabelle pour cet article très complet qui a le grand mérite de poser les bases de ce qu’est un Camp et de la différence entre les Camps.
Ce sont indéniablement de beaux espaces de rencontres et d’échanges et pour cela, il est important de les valoriser. Il semble aussi important de distinguer les intentions de chacun des formats proposés. Le sens de ce type d’évènement ne sera pas le même selon ce que l’on fait des restitutions et autres réflexions émergentes. Plus la transparence sur le sujet sera grande, plus on aura confiance dans les intentions de l’organisateur et moins il sera soupçonné et soupçonnable !
Il parait aussi évident que plus le temps passé dans les ateliers est grand, plus les sujets sont connus à l’avance et plus la réflexion collective peut apporter du plus.
Attention aussi à celles et ceux qui profitent de la tendance pour communiquer, ou faire leur étude de marché sur le terrain, sous couvert d’échange ouvert, à mon avis, cette technique marketing ne marchera pas longtemps. En même temps, il serait aussi criticable pour une entreprise privée de faire « travailler » gratuitement des invités sur un sujet et d’utiliser derrière les idées qui ressortent.
A mon sens, il manque un cadre et des règles plus abouties pour que ce format aie vraiment du sens. Je trouve que c’est une excellente entrée en matière pour le travail en intelligence collective mais ces formats Camp ne réunissent pas toutes les conditions d’une véritable rupture avec le système de fonctionnement existant et ne permettent pas l’émergence de l’intelligence collective ou de la créativité. D’autres formats très intéressants existent mais n’ont pas ou peu été organisés encore sur la région, alors à suivre !
Merci Brigitte pour ton avis qui complète cet article qui te doit beaucoup et qui fait le tour de la question de manière plus précise pour les néophytes et ceux qui s’interrogent sur les Camps.