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Blogueuse, facebookeuse, twitteuse, cycliste pratiquante + néo-journaliste, rédactrice aussi du webzine MY global Bordeaux

Que viva la e-Révolution !

Certes toutes les chaises n’étaient pas occupées. Après la rencontre Allez les e-filles organisée le matin même pour sensibiliser les lycéennes aux métiers du numérique, assister à un débat dans les salons de l’Hôtel de ville de Bordeaux, en plein après-midi d’un mercredi (jour des enfants de surcroit), n’est pas accessible à tout le monde,  que l’on soit une femme ou un homme. On le sait, à moins d’être salarié(e)…  le temps c’est de l’argent…sauf si on a tout son temps puisque pas de taf… ou qu’on en ait un que l’on puisse aménager,  mais bon ! Là n’est pas le propos.  Ici en l’occurrence, à l’exception d’un seul homme, voire deux (qui auront pu tester ce que peut être la solitude d’une vénusienne dans un monde de martiens), une assemblée exclusivement féminine avait fait une croix dans son agenda « d’executive numeric woman » pour s’intéresser à la question humoristico/provocatrice posée dans le cadre de la Semaine Digitale : Les femmes sont-elles génétiquement numériques ?

Femmes du web

Elles étaient sept femmes (sans Barbe bleue ;-) ) à s’exprimer sur le sujet, résumé en quelques chiffres par Viviane Chaine Ribeiro, présidente de Lefebvre Software et présidente de « Femmes du numérique.com » au Syntec : dans un secteur hyper viril (du latin vir-viris/homme, on  ne parle pas ici de Sean Connery…), où 25 % des postes sont occupés par des femmes, 40 000 jobs par an sont proposés, auxquels seulement 25 000 candidatures issues des écoles pourvoient… Avec toutefois, en parallèle, une réalité positive : malgré leur faible présence, 23% des femmes sont largement promues. Ne leur reste qu’à remplir le pipeline. D’autant plus que « la mixité dans une équipe est une vraie richesse. Les femmes sont une opportunité pour le numérique qui est une opportunité pour les femmes.… » insiste Viviane Chaine Ribeiro.  Alors y’a plus qu’à ! Le problème résidant dans un écueil récurent que chacune évoquera : ce p…. de f….. manque de confiance qui étreint souvent la plupart d’entre nous, quel que soit le niveau de compétence = « Vais-je être capable ? Vais-je savoir ?... Merci les mères d’élever les filles dans  le « c’est jamais assez bien » et les fils dans le c’est très bien mon petit chéri qui fait que l’on peut aussi se poser la question de savoir quand « le plafond de verre » est réel ou auto-infligé

Expériences numériques en mode féminin pluriel

Corinne Dillenseger, journaliste, fondatrice du blog ToutPourElles.fr peut en témoigner. Spécialisée dans l’emploi, elle en a vu défiler des femmes qui calaient devant la concrétisation malgré leurs atouts. Manque de contacts, de courage…. C’est pour elles qu’elle a créé son blog, élu blog d’or dans le cadre d’un concours qui la mettra sur orbite, et avec lequel elle est passée d’une activité de loisir à une activité  professionnelle,  jusqu’à l’an dernier. Pour Béatrice Duboisset, consultante en communication digitale et twitteuse frénétique, le Web 2.0 a révolutionné la vie des femmes jusqu’alors peu « réseauteuses » : abolition de l’espace, aplanissement des frontières, partage,  com’ facilement maitrisable, accessibilité plus grande (journalistes, politiques, professionnels) et une multiplicité d’échanges qui contribue à la construction d’une communauté avec petite réflexion de la parisienne de passage à la clef : « Il se passe des trucs sympas à Bordeaux !…  Pour Anne-Cécile Worms, éditrice et journaliste, directrice de www.digitalarti.com, réseau social dédié à l’art numérique, et du magazine MCD, le déclic est venu après une faillite retentissante lors de l’explosion de la bulle numérique. La dame loin de se laisser abattre a réfléchi, rebondi, appris de ses échecs. Ses nouveaux champs d’action sont  devenus le digital arty, l’écolo techno,  les littératures, les scènes et les médias qu’elle cultive en mode Ère numérique, via la revue dont elle est directrice de rédaction. Active dans l’événementiel innovant, cette femme digitale qui cultive l’audace, fait la promotion d’artiste formant les femmes de plus de 70 ans, évoque les cinq milliards d’objets connectés sur la planète qui réenchantent le monde  et qui déclare : nous sommes toutes nées en 1994 !(date de naissance d’Internet). Bel exemple ! Belle énergie !

Last but not least, les deux digitales politiques locales, Alexandra Siarri (conseillère municipale chargée de la lutte contre les nouvelles précarité) et Wanda Laurent (conseillère municipale en charge de la création d’entreprise), précurseuSes pré-digitales municipales  usagères trentenaires qui FacebookENT, blogENT et tweetENT (même si bof ! pour ce dernier usage dixit Alexandra Siarri… « difficile de parler des roms et de la précarité en 140 caractères! »)  depuis un bail, quand il a fallu 3 ans  aux élus de la mairie de Bordeaux méfiants, craintifs face au duel public/privé qui bouscule le protocole, voire débordés, pour se mettre aux réseaux sociaux. Pour Alexandra Siarri qui alimente un blog Vous avez dit durable ? et questionne directement les internautes sur sa page FB,  « c’est une veille, le moyen de comprendre, de sentir ce que la population dans tous ses états veut exprimer et qui permet la réactivité. Et si « consciente du champ vertigineux des responsabilités sait aussi que l’on peut se demander si on attend d’un élu qu’il (ré)agisse ainsi« .

Quand à Wanda Laura, elle se sert de son rôle d’élue comme d’un pont afin que la société politique et civile se rejoignent, pour fédérer. « On a beaucoup d’atouts, on crève de notre élitisme et de notre manque de confiance ! Son truc ? Faire des ITV, caméra au poing auprès des entrepreneurs, des acteurs économiques qu’elles poste sur son blog : Un blog nommé Wanda . « Un outil magique pour lever le voile et donner confiance en période de crise. La réponse à une demande vers un monde collaboratif qui passera peut-être par les femmes ».

Le tout animée par Marie-Laure Hubert Nasser, féministe revendiquée et responsable de la com’ de la mairie de Bordeaux (non les deux ne sont pas incompatibles ;-) )*, aux manettes depuis peu d’un blog baptisé Allez Bordelaise, apportant son témoignage sur la difficulté de trouver des noms de femmes entrepreneurs pour les besoins des rubriques du magazine municipal.

En conclusion, si le monde numérique est plus exemplaire  en matière de parité et d’émergence des femmes, puisque comme le souligne Viviane Chaine Ribeiro, les leaders des grands groupes informatiques sont des femmes, la même Viviane déclare sans sourciller : « je suis fondamentalement contre les quotas, mais c’est une aide qui fait que sans eux il n’y aurait quasiment pas de femmes dans certains secteurs. Il faut en passer par là de façon temporaire. Alors  tant pis si je prends la place d’un homme plus compétent ! » Et paf !

Dernier détail pratico-pratique pour les filles et les femmes qui n’en veulent, le Syntec a réalisé un Guide des Métiers qui changent le monde listant les métiers emblématiques du secteur Logiciels et Services informatiques à travers des fiches. Allez les e-filles ! Hauts les coeurs ! Yes you can !!! Le tout étant juste, après, de « savoir décrocher de ces outils hautement addictifs et chronophages qui s’insinuent dans tous les recoins de la vie privée, en débordant de la vie pro », dixit une femme numérique dans l’assemblée. En ça, il semblerait que nous soyons tous égaux ;-) !

*Petit détail informatif,  la blogueuse dort peu, qui s’enquille sa journée de travail, les tâches annexes d’une vie quotidienne bien remplie et les articles à fournir pour alimenter, captiver et capter les followers de son univers numérique…

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